Revues de l'étatisme international
jeudi 29 juin 2006 (12h23) :
de Piero Sansonetti Traduit de l’italien par karl&rosa
[Le complot contre la Palestine. Les journaux ignorent les massacres israéliens.tit]

Le premier ministre palestinien Ismail Haniyeh a demandé à Israël de suspendre les attaques de missiles sur Gaza, étant donné que ces derniers jours ils ont provoqué la mort de 14 civils, dont nombre d’enfants et une femme enceinte. Le chef de l’aviation israélienne Eliezer Shkedi a répondu en assurant que les attaques aériennes et de missiles vont continuer et augmenter en intensité parce que - a-t-il dit textuellement - « dans les circonstances actuelles il s’agit de la tactique la plus efficace envers les terroristes qui lancent des fusées Qassam contre Israël". Elliezre Shkedi se réfère à l’utilisation fréquente par des perroristes palestiniens de fusées Qassam contre la petite ville de frontière de Sderot. Le lancement de ces missiles dure depuis longtemps et a provoqué ces dernières années cinq morts. Les journaux italiens en ont parlé.
Nous voudrions, au contraire, vous offrir quelques informations plus réservées, parce qu’elles ne trouvent habituellement pas d’espace dans nos journaux. Nous en avons repéré 10.
1. Ces derniers quinze jours les attaques israéliennes ont tué - on l’a déjà dit - 14 civils à Gaza (des chiffres israéliens qui ne tiennent pas compte de la famille exterminée sur la plage de Gaza le 9 juin, unique survivante Huda, une fillette de dix ans dont l’image, en train d’embrasser le cadavre de son père, est devenue le symbole de l’horreur pour le terrorisme israélien).
2. Depuis le début de l’année (des chiffres fournis par Amnesty) les Israéliens ont provoqué par leurs attaques 100 victimes civiles à Gaza, dont 30 sont des enfants. Ces trois dernières années les victimes civiles palestiniennes sont au nombre de 800.
3. Un tiers des enfants hospitalisés à Gaza sont morts et autant risquent de mourir à cause de ce qu’on appelle « basic illness », à savoir de maladies banales mais qu’on ne peut pas soigner (le fait est dénoncé par l’UNICEF) suite à l’absence de médicaments, de médecins, d’appareils sanitaires. L’UNICEF a augmente les fonds affectés en faveur de l’urgence Palestine, en passant de 8,4 millions à 22,7 millions de dollars pour faire face à la crise économique due à la coupe des aides et des financements de la part de l’Europe, des USA et d’Israël (une coupe décidée en polémique avec les résultats électoraux en Palestine). L’UNICEF dit que les sommes affectées sont une aiguille dans une botte de foin.
4. Israël a bloqué les transferts fiscaux. C’est-à-dire qu’il ne restitue plus au gouvernement palestinien les taxes payées par les Palestiniens à travers l’administration israélienne.
5. La plupart des médecins et des enseignants palestiniens ne reçoivent plus leurs salaires depuis trois mois, suite à l’embargo européen, américain, israélien.
6. Selon « Amnesty International » les exécutions extrajudiciaires et les détentions administratives continuent, plus de 600 Palestiniens sont en état de détention sans avoir reçu d’ accusations formelles ni avoir subi de procès. Ils sont gardés dans des camps militaires dans des conditions de vie très dures.
7. Ces derniers mois le processus d’expansion des colonies dans les territoires occupés a continué. En contraste net avec un quelconque plan de retrait. Le gouvernement israélien vient de confirmer le projet de réaliser 3.500 nouvelles habitations à Jérusalem Est.
8. Récemment a été approuvée une mesure - discriminatoire et qui contraste ouvertement avec les droits de l’homme - contre les mariages mixtes. Les citoyens israéliens ne pourront pas épouser des citoyens arabes vivant dans les territoires. La mesure est due à des raisons de sécurité.
9. Hier, les bulldozers israéliens ont démoli la maison de Ali Abu Tair, située dans le district de Jérusalem appelé Em Touba. Des témoins racontent qu’au petit matin les forces armées israéliennes ont entouré la zone, bloqué les passants et commencé ensuite la démolition. On a permis à Abu Abi de sortir de sa maison, pour ne pas rester sous les décombres, mais on l’a empêché d’emporter avec lui quoi que ce soit, même pas un objet lui appartenant.
10. Hier, l’ex premier israélien Netaniyaou a déclaré : « Israeli army could wipe Gaza off this earth ». Traduction littérale : l’armée israélienne pourrait balayer Gaza de cette terre. Disons la faire disparaître d’un seul coup de la surface de la planète.
***
Il s’agit de dix nouvelles très sommaires, des nouvelles que nous avons transcrites, presque toutes copiées de la presse internationale. Des nouvelles terribles, effrayantes, d’une énorme valeur journalistique et d’une signification politique et humaine dévastatrice. Et pourtant vous ne les trouverez pas dans les journaux italiens d’aujourd’hui, ni de hier, ni de demain. Une véritable campagne de toute la presse italienne contre le peuple palestinien est en cours. Une campagne politico journalistique basée sur le silence, sur la censure. Que pouvons-nous faire ?
Presque rien, nous sommes un très petit journal, nous ne pouvons que crier à tue-tête notre indignation, la rage, la préoccupation - à nous seuls - et vous demander à vous, c’est-à-dire à nos lecteurs, de devenir les porte-parole de ces nouvelles, d’alerter sur le risque de désastre humanitaire et d’anéantissement du peuple de la Palestine. Nous voudrions nous adresser aussi à nos confrères, les journalistes, à leurs organisations, à l’Ordre, à la « Fédération de la Presse » : vous semble-t-il digne un journalisme qui remplit quatre pages de journal, tous les jours, avec les écoutes téléphoniques d’argument sexuel, les délations et autres choses semblables qu’il se désintéresse totalement et grossièrement de la crise palestinienne, du comportement terroriste d’un gouvernement ami, des bombardements et des autres illégalités ? Ne conviendrait-il pas de faire quelque chose pour sauver au moins un semblant de sérieux et d’indépendance dans notre métier ?
(Mais nous ne tablons sur aucune réponse)
http://www.liberazione.it/notizia.asp?id=3949
bellaciao.org