Le camp d’extermination de Sujiatun : la conscience à l’épreuve

M. Zuo Zhigang, âgé de 33 ans, travaillait pour une société d'informatique à Shijiazhuang, dans la province de Hebei. Le 30 mai 2001, la police de la ville de Shijiazhuang et « le bureau 610 » l'ont arrêté. Ils l'ont battu à mort le jour même au commissariat de police de Qiaoxi. Son cadavre était couvert de cicatrices. Une de ses oreilles était violette et il avait deux grands trous dans le dos, indication du prélèvement d’organes internes. Il avait l’empreinte d’une corde sur le cou.

M. Ren Pengwude la ville de Harbin, de la province de Heilongjiang. Le 16 février 2001, il a été arrêté par la police du canton de Hulan et a été détenu ensuite au second centre de détention du canton de Hulan. Le 21 février, avant l’aube, il a été tué et tous ses organes internes, du pharynx et du larynx aux parties génitales, ont été prélevés. Les autorités ont incinéré sa dépouille à la hâte.

Le 14 mai 2002, aux environs de 15 h, deux policiers ont arrêté Mme Wang Yunjie parce qu'elle pratiquait le Falun Gong. En décembre 2002, après l'avoir privée de sommeil pendant plusieurs jours, les policiers ont déchiré sa chemise et ont électrocuté ses seins avec deux matraques électriques pendant 30 minutes. Ils l’ont ensuite obligée à rester debout toute la nuit. Puis ils ont déchiré des draps et attaché ses jambes croisées dans une position douloureuse, menotté ses bras derrière le dos, puis attaché étroitement son corps recroquevillé sur lui-même comme une boule. Ils l’ont ensuite suspendu en l’air par les menottes pendant sept heures. La douleur était si intense qu’après avoir été détachée, Mme Wang ne pouvait plus ni se redresser ni s’asseoir. Les décharges électriques ont endommagé gravement ses seins et elle a ensuite développé des infections graves. Quand les responsables du camp ont réalisé qu’elle était en train de mourir, ils ont convoqué sa famille et l’ont obligé à payer 2.000 yuans pour sa remise en liberté.

Mme Wang Xia a été condamnée à sept ans de prison dans un camp de travaux forcés. Elle a fait une grève de la faim pour protester contre la torture. Les gardes lui ont fait subir un gavage forcé et ont laissé les tubes dans son œsophage entre 7 et 14 jours. Ils l'ont attachée à un lit afin qu’elle ne puisse pas se déplacer et lui ont injecté des drogues inconnues, puis l’ont suspendue en l’air pour la battre. En juillet 2004, après tant de tortures, elle ne pesait plus que 23 kg, perdait conscience régulièrement, montrait des troubles mentaux graves et avait perdu la mémoire. Elle a été ensuite libérée du camp. Après que son cas fut exposé sur les sites Internet d'outre-mer, elle a « disparu » en septembre 2005.

M. Wang Bin a été arrêté parce qu’il avait fait appel au gouvernement. Il a été détenu au camp de travail de Dongfeng Xinchun. La nuit du 27 septembre 2000, les gardes du camp de travail ont dit à cinq prisonniers qu'ils auraient des réductions de peine s’ils battaient violemment M. Wang et seraient punis s’ils ne le faisaient pas. Le choc des coups a brisé le cou de M. Wang, et les principaux vaisseaux sanguins ainsi que ses amygdales ont été endommagés, plusieurs de ses os ont été brisés. Son corps était couvert de blessures. Il a instantanément perdu connaissance. Quand il a été finalement envoyé à l'hôpital de Daqing, il était trop tard pour le sauver. M. Wang est mort à l'âge de 47 ans, dans la nuit du 4 octobre 2000. Cependant, deux des médecins de l'hôpital ont prélevé son cœur et son cerveau. La photo montre que son corps avait été ouvert.
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