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Chez Arlette, cantine de la bonne soupe UMPiste

100116:1250 7 articles * 10 min plumedepresse.net mots

Après le boycott de l'émission de France 2 sur l'identité nationale

Peillon a raison au moins sur un point : Chabot, démission !

samedi 16 janvier 2010, par Olivier Bonnet

Pour se forger une opinion à propos du boycott par l'eurodéputé socialiste Vincent Peillon de l'émission A vous de juger, commençons par lire plus d'une phrase, tant ce résumé est forcément réducteur, des explications publiées sur son blog : "Parce que tout mon engagement politique et citoyen est fondé d’abord sur les valeurs de la République, de la raison et de l’antifascisme, j’ai décidé de ne pas participer au débat d’indignité nationale organisé ce soir sur France 2 et d’attirer solennellement l’attention de mes compatriotes sur les graves dérives que subit notre démocratie. Depuis plusieurs semaines, l’ensemble de l’opposition démocratique mais aussi de nombreuses personnalités de la droite républicaine, à commencer par trois anciens Premiers ministres, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin, ont dénoncé les conditions dans lesquelles le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, Eric Besson, a lancé un débat sur l’identité nationale. Ce débat a provoqué et provoque encore des dérapages xénophobes, racistes, islamophobes qui font honte à la France, dressent les français les uns contre les autres et remettent le Front National et ses thèses de haine au coeur de notre vie politique. De nombreuses études d’opinion ont aussi montré que dans leur majorité les Françaises et les Français, qui ont beaucoup d’autres sujets de préoccupation, l’emploi, le logement, le pouvoir d’achat, l’éducation, ne s’intéressent pas à ce débat. Malgré cela, la direction de France 2 et Arlette Chabot n’ont pas trouvé mieux, en cette rentrée 2010, que de consacrer la seule émission politique de début de soirée à Eric Besson et de le faire dialoguer avec Marine Le Pen, prenant ainsi en otage le service public et les personnels qui y travaillent. (...) Que monsieur Besson, madame Le Pen et madame Chabot restent entre eux et que chacun mesure ainsi ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays et la façon dont certains veulent, à travers les médias, dévoyer le débat démocratique et nous entraîner sur une pente de haine et de division où nous refusons d’aller. (...) C’est pourquoi je demande la démission de madame Arlette Chabot et des dirigeants de France 2 qui ont autorisé cette opération." Gros morceau !

Vincent Peillon fait l'objet de très vives attaques pour son "coup d'éclat médiatique", comme l'ont baptisé les confrères, ce qu'il revendique du reste très clairement sur Rue89 : "j'avais pris ma décision depuis plusieurs jours. C'était préparé avec quelques-uns. Je voulais qu'il y ait un incident. Il fallait que ça fasse un peu scandale. Je ne voulais pas qu'ils se rabattent sur un autre socialiste". Jusque-là, nous approuvons toujours l'eurodéputé. Faire scandale pour mieux faire éclater le vrai scandale : la façon dont l'émission était prévue. Nous émettons de très vives réserves par contre sur l'argument du passage en dernière partie d'émission. Sa rédactrice en chef paraît bien convaincante en donnant sa parole d'honneur que Peillon lui-même a choisi ce créneau, pour mieux rebondir sur le premier débat entre la Le Pen et le ministre. Avancer la circonstance aggravante de l'horaire semble dans ce cas particulièrement malhonnête, ce qui ne grandit pas le socialiste. Pour le reste, que lui reproche-t-on au juste ?

Glissons rapidement, pour en dénoncer la tartufferie, sur la réaction de l'abrutioyeur de service, l'inénarrable© Frédéric Lefebvre, porte-parole UMPiste cité par Le Monde : "La fuite de M. Peillon le jour même où le PS a déposé sa proposition de loi sur le droit de vote des étrangers en dit long sur sa difficulté à assumer publiquement devant des millions de Francais la manipulation qu'il a montée pour séduire l'extrême gauche et exciter l'extrême droite". Les amateurs de psychanalyse décèleront un cas parfait de transfert : c'est bien la droite qui ressent "la difficulté à assumer publiquement devant des millions de Français la manipulation qu'(elle) a montée pour séduire l'extrême (droite) et exciter l'extrême (gauche)", avec son débat sur l'identité nationale. Celui-ci s'avère même un tel échec que, dans ces circonstances, le récent sondage montrant l'opinion désormais favorable au droit de vote des étrangers, à 55%, apparaît comme un véritable camouflet pour l'UMP. Qui se trouve dès lors dans l'embarras devant la proposition de loi socialiste, en pleine campagne électorale qu'elle eût souhaité cantonnée aux thèmes des dangers de l'immigration, de l'insécurité et de la fiscalité locale, en faisant passer les régions de gauche pour dépensières alors qu'elle les prive de ressources ! Tartuffe aussi Xavier Bertrand, le Secrétaire général de l'UMP serrant de façon grotesque ses petits poings pour écumer : "C'est un exemple type de lâcheté politique et de manipulation politico-médiatique. (...) Comment faire parler de soi quand on n'a pas le courage d'aller débattre ? Comment faire parler de soi quand on n'a pas d'idées à opposer à Eric Besson ?" (cité par L'Obs.com). Mais quelles idées aurait donc Eric Besson, pour résoudre un problème qui n'en est pas un, le seul qui lui importe étant de racoler les voix d'extrême droite ? Faut-il vraiment du courage pour s'opposer fermement à la pauvreté idéologique de la rafle et du drapeau ? Peillon, brillant orateur et puissant intellectuel, aurait-il vraiment peur de débattre ? Soutenir cela est faire preuve d'une mauvaise foi patente. Le problème n'est évidemment pas une soi-disant lâcheté mais le refus et la dénonciation de la conception par France 2, complice objective du gouvernement, de son émission. Daniel Schneidermann le pointe magistralement pour @rrêt sur images : "Quel qu'ait été l'ordre des prises de paroles et des préséances, cette émission était de toutes manières conçue comme valorisante pour Besson, portraituré seul en préambule (ma biographie, ma famille, mon antiracisme viscéral, mon enfance au Maroc, mes blessures intimes, mes plaies ouvertes, etc.), avant d'affronter successivement les deux serre-livres de gauche et d'extrême-droite (n'ayant pas droit, eux, à leur quart d'heure de moi-moi-moi, et réduits au statut de contradicteurs, donc de faire-valoir). De ce dispositif, Besson devait sortir dans la position du réaliste mais humain. Même détaillé aimablement aux participants au téléphone, ce dispositif en lui-même était un piège (sans parler du principe de consacrer une émission entière au fumigène de Besson)." France 2 prête ainsi la main au fin du fin de la stratégie électoraliste sarkozyste : tout en multipliant les appels du pied à l'extrême droite, se refaire à bon compte une virginité humaniste à l'aide du repoussoir FN. Voilà le vrai scandale que le boycott de Peillon met en pleine lumière : Chabot se met clairement au service de la propagande du pouvoir et, si manipulation il y a, elle réside dans le principe même de son émission !

Ce n'est pas la première fois que la directrice de la rédaction de la chaîne de service public se compromet ainsi. Extrait d'un billet de juin 2007 : "Rappelons à tous ceux qui paient la redevance que cette chaîne appartient au service public. Et qu’il s’agit de la même qui a vu sa directrice de l’information, Arlette Chabot, newsnet_35208_14333000pjp2a69-d5e1e.jpg offrir trois heures de direct à Nicolas Sarkozy la veille du décompte du temps de parole par le CSA pour la campagne présidentielle ! Une Arlette Chabot qu’on a vu également à l’antenne faire la bise à Jean-François Copé, qui traite les militants de gauche de cloportes. Toujours la même Arlette Chabot qui n’a pipé mot lorsque, alors qu’elle interviewait Nicolas Sarkozy, le futur président a pour la première fois parlé de "ministère de l’immigration et de l’identité nationale". Toute la gauche - et, au-delà, tous les antiracistes - se sont-ils alors indignés ? Tous les journaux ont-ils le lendemain fait leurs gros titres sur cette annonce ? Le rapporteur spécial de l’ONU contre le racisme et la xénophobie, Doudou Diène, a-t-il récemment estimé que cette initiative constituait l’expression de la "banalisation du racisme", dénonçant "la lecture ethnique et raciale des questions politiques, économiques et sociales et le traitement idéologique et politique de l’immigration comme un enjeu sécuritaire et comme une menace à l’identité nationale" ? Exact, mais alors même que le siphonneur des voix du Front national lâchait cette bombe, il n’a pas fallu compter sur la Chabot pour poser la moindre question, pourtant évidente, ne serait-ce que sur un plan journalistique : l’immigration devait-elle être considérée comme menaçant forcément l’identité nationale, et comment la création d’un ministère pouvait-il censément lutter contre ledit supposé péril ? Personne n’a, à notre connaissance, souligné ô combien Chabot avait gravement failli ce jour-là à sa mission." Ajoutons que c'est toujours la même qui fut prise en flagrant délit de silencieuse complaisance face au mensonge de Sarkozy, durant la campagne présidentielle, concernant le problèmes des récidivistes (lire Insécurité : encore une manipulation de Sarkozy).

Il nous revient une anecdote de septembre dernier racontée par Le Point : "Un peu comme un tsunami, une colère de Nicolas Sarkozy contre Arlette Chabot est survenue, mercredi, dans les coulisses de l'interview présidentielle, d'après plusieurs témoins présents à New York. La directrice de l'information de France 2 a subi de la part du chef de l'État une "humiliation d'un quart d'heure". L'altercation a eu lieu après l'interview alors que toute la délégation française et Bernard Kouchner entouraient le Président. (...) Arlette Chabot (...) a ce trait d'humour : "Ça ferait un beau débat sur France 2." Le chef de l'État n'apprécie guère... Manifestement "à cran", Nicolas Sarkozy part aussitôt en flèche. Il se plaint de l'absence... de "vraies émissions politiques" sur le service public, regrettant feue L'Heure de vérité de François-Henri de Virieu." Voilà ainsi comment la fidélité dans l'à-plat-ventrisme d'Arlette Chabot est récompensée. A méditer : qui s'abaisse à se comporter en valet ne récolte que le mépris, y compris de son seigneur. En se couchant à ses pieds, elle l'invite à la piétiner, à multiplier les exigences irascibles, les humiliations. Tel est le lourd prix pour qui perd son honneur de journaliste. Peillon a raison au moins sur un point : pour l'ensemble de son oeuvre, Chabot, démission !

L'illustration représentant l'hexagone tricolore est empruntée à e médialibre.

L'identité nationale sur plumedepresse :

Le débat piège-à-cons

Décès de Claude Lévi-Strauss : dans la gueule de ton identité nationale !

Débat sur l’identité nationale : Marianne2 contre plumedepresse

Le débat piège-à-cons a fait deux belles prises

plumedepresse.net

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« La Faute de M. Peillon », fable (2) : « Circulez, y a rien à voir »

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Publié le 16 février 2010 par Henri Maler, Olivier Poche

Encore l'« affaire Peillon » (1). Pourquoi revenir sur cette « affaire » ? Parce qu'elle est révélatrice de la conception que les éditorialistes et les tenanciers des principaux médias se font de leur indépendance et de leur fonction démocratique. Et quand on tient un « cas d'école », il vaut la peine de s'y attarder (en nous appuyant notamment sur un entretien avec Vincent Peillon que nous remercions d'avoir accepté de répondre à quelques questions).

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Le Tribunal du « Grand Journal » de Canal Plus juge Vincent Peillon

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Publié le 25 janvier 2010 par Henri Maler, Olivier Poche

Le 15 janvier 2010, le Grand journal de Canal + s'était transformé en tribunal. Quel événement capital de la vie politique justifiait cette cour de justice exceptionnelle ? On y jugeait Vincent Peillon, coupable d'avoir désobéi à la directrice de l'information de France 2 et d'avoir réclamé sa démission. Avant de revenir dans un prochain article sur le fond de l'affaire, arrêtons-nous un moment sur ce procès équitable, dans lequel trois procureurs (1), assistés de Michel Denisot, ont réglé le cas d'un prévenu condamné d'avance, qui s'était malgré tout présenté devant la Cour de son propre chef.

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Médias serviles : un Sarkoshow qui tombe à pic

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TF1 peut-elle faire pire que France 2 ?

Ce soir en prime time, "Paroles de Français" et de Pernaut

lundi 25 janvier 2010, par Olivier Bonnet

Dans le contexte du débat sur la complaisance du service public télévisuel à l'égard du pouvoir, lancé par l'eurodéputé PS Vincent Peillon qui aura dans tous les cas eu le mérite de l'ouvrir, TF1 programme ce soir une émission baptisée Paroles de Français. Un énième Sarkoshow, conçu sur le modèle du "débat" orchestré par Patrick Poivre d'Arvor durant la campagne présidentielle : le président va répondre à des Français "lambda", sélectionnés par la chaîne d'une façon que nous ignorons - gageons que ce détail sera précisé à l'antenne. L'un d'entre eux est connu : un vieux métallo cégétiste, qui s'affirme décidé à en découdre. Nous verrons cela, ainsi que la manière dont les autres participants interpelleront le chef de l'Etat. Mais l'immense défaut de ce type d'opération réside dans le fait que les interlocuteurs proposés à Sarkozy ne soient pas formés à la rhétorique politique ni professionnels de la communication : ils ne sont certes pas sur un pied d'égalité avec le roi des bonimenteurs - même sans compter les talonnettes. Imaginons que Sarkozy aligne les contrevérités, hypothèse la plus plausible au vu de ses antécédents : qui rectifira, qui lui apportera la contradiction ? C'est, normalement, un travail de journaliste. Même si les confrères ne le font quasiment jamais en France en sa présence... Pas d'exception à espérer ce soir, au moins de la part de l'animateur du "débat" : même les plus acharnés des détracteurs de Poivre ne soutiendront pas qu'on a gagné au change avec son remplaçant, l'inénarrable Jean-Pierre Pernaut ! Dans le dispositif de l'émission, son intervention sera précédée d'une interview en face-à-face menée par Laurence Ferrari. Difficile de ne pas céder au procès d'intention : l'entretien n'abordera ni le séjour à Marrakech, où la belle serait venue rejoindre le président, alors dans sa période entre Céciia et Carla, ni l'ostensible soutien apporté par Sarkozy à la nomination de la journaliste au 20 heures de la Une, et encore moins sa proximité avec le patron de la chaîne, Martin Bouygues, proche d'entre les proches... Comment une station qui roule de façon aussi visible pour les couleurs UMPistes pourrait-elle organiser une émission dont leur héros ne sortirait pas grandi ? Prêt à faire amende honorable si nos craintes ne s'avéraient pas fondées, nous allons tenter de regarder l'exercice d'enfumage annoncé, mais nous ne promettons rien : l'abus de mauvaise foi et de mensonges a tendance à déclencher en nous de fortes crises d'urticaire et de nausées.

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Aphatie, Duhamel, et le mensonge de Peillon

100118:0847 5 min arretsurimages.net mots

Encore l'affaire Peillon ? Oui, encore. Quand vous aurez regardé nos deux émissions de la semaine, vous ne devez pas manquer la comparution de Vincent Peillon, vendredi soir, sur Canal+, devant le tribunal Aphatie-Duhamel. Ce moment de télévision restera dans les annales.

Dans le Grand Journal de vendredi soir, le personnage principal n'est pas l'accusé Peillon. Ne regardez pas Peillon.

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Peillon fait joujou avec le FN

politic 100117:0922 3 min lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr mots

Peillon est vraiment un drôle de mec, pas drôle du tout.

Arlette Chabot est la journaliste sur le plateau et la patronne de l'info de France 2, mais la rédactrice en chef de l'émission À vous de juger, c'est Nathalie Saint-Cricq, qui a raconté l'histoire au Point. Elle avait contacté Peillon il y a plus d'un mois. « J'ai invité Vincent Peillon avant Noël pour le 14 janvier. Il a accepté sans discuter. Au retour des vacances, le 3 ou le 4 janvier, je lui ai confirmé que l'émission aurait bien lieu et je lui ai détaillé le dispositif. » Bref, la présence aussi de Marine Le Pen et d'Eric Besson, et on avait discuté de l'organiation. « Vincent Peillon préférait passer en second de manière à entendre au préalable le duel Besson-Le Pen. Il souhaitait ainsi ramasser les arguments échangés et pouvoir se positionner. »

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Qu'est-ce qu'un « coup médiatique » ? Un cas d' « école » : le match Royal-Peillon

091129:1643 * 13 min acrimed.org mots

Publié le 26 novembre 2009 par Olivier Poche

Samedi 14 novembre 2009, « L'Espoir à gauche », courant du PS auquel appartient entre autres Ségolène Royal, organisait une « rencontre », avec des représentants du Modem, des Verts, du PC et de la « société civile », autour des questions d'éducation. On connaît l'histoire : alors que Vincent Peillon, organisateur de la rencontre, avait souhaité l'absence de « présidentiables », Ségolène Royal a débarqué avec armes, bagages et caméras, réussissant un « coup médiatique » dont elle a le secret.