contexte de l'article

tags thèmes rubrique


7j tags thèmes urls rss sources charts best vus

A ne pas manquer 44 articles

Favoris





Loppsi: TF1 manque à l'honnêteté de l'information

100216:1044 2 articles désinformation censure du net 5 min bugbrother.blog.lemonde.fr mots

TF1 a une vision très particulière du débat parlementaire. Pour la seconde fois, en un an, son JT a présenté un hémicycle plein à craquer alors qu'il était en fait quasiment vide.

Dans les deux cas, l'Hadopi, puis la Loppsi, il s'agissait de projets de loi décriés sur l'internet, mais plutôt soutenus par TF1. Le CSA, saisi de ces "manquements à l'honnêteté de l'information", envisage une sanction financière.

Ce 9 février 2010, évoquant le "projet de loi sur la sécurité intérieure qui prévoit un arsenal contre les nouvelles formes de délinquance" que venait de présenter le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, les téléspectateurs de TF1 ont pu voir ceci :

Les internautes qui, de leur côté, avait assisté à la séance grâce à sa retransmission sur le site de l'Assemblée nationale, avait de leur côté pu voir cela :

Notez la légère différence, en terme de présence des députés dans l'hémicycle de l'Assemblée (et merci à PCInpact de l'avoir souligné).

Une chose est de "couvrir" un évènement (en n'en parlant quasiment pas), une autre est de le "couvrir" (en l'évoquant de façon biaisée).

Un précédent : la "couverture" de l'Hadopi

TF1 est coutumier de ce genre de petit arrangement avec les faits. Déjà, en avril 2009, au moment du vote de l'Hadopi, PCInpact avait déjà relevé que la couverture médiatique qu'en donnait TF1, qui montrait un hémicycle plein à craquer, travestissait quelque peu les faits :

L'Hadopi ne fut en effet votée que par 16 députés... Alerté par un "fervent internaute soucieux de vérifier les informations diffusées par les médias", le médiateur de TF1 avait alors fait son mea culpa, et promis qu'on ne l'y reprendrait plus :

Vous avez parfaitement raison de dire que ces images d'archives sont contradictoires avec la réalité (...).

Il s'agit d'une maladresse, certes regrettable, mais en aucune façon d'une intention maligne de contrefaire la réalité.

Cette maladresse est imputable à un défaut d'attention humain et nous veillerons à l'avenir à ne pas reproduire ce genre d'erreur, conscients que nous sommes de la force des images.


Vers une sanction financière ?

Titrant L'info de TF1 dans le collimateur du CSA, LePoint.fr révélait que le 15 décembre 2009, Nonce Paolini, pdg de TF1, et Catherine Nayl, sa directrice de l'info, étaient convoqués par le CSA afin de fournir des explications concernant trois "manquements à l'honnêteté de l'information" : cette fausse représentation du débat autour de l'Hadopi, les images d'un tueur (qui n'était pas le bon tueur), et celle d'un rassemblement musulman où les femmes et les hommes étaient censés être séparés alors même que, et "au contraire, les pratiquants n'étaient pas séparés selon leur sexe..." :

De manière générale, Catherine Nayl a plaidé qu'en aucun cas ces erreurs n'avaient été commises dans l'intention de tromper les téléspectateurs. Ce que TF1 avait déjà eu l'occasion de dire lors d'une audition devant le "groupe de travail" chargé de la déontologie. La procédure suit son cours.


Il n'est peut-être pas vain de souligner que cette image d'un hémicycle plein à craquer était précédée d'un reportage sur les violences à l'école (TF1 a consacré, tous les soirs de la semaine passée -celle où fut débattue la Loppsi-, un reportage au sujet des violences scolaires, mais un seul à la Loppsi), et qu'il fut introduit comme suit, par Laurence Ferrari :

Et c'est dans ce contexte que le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a présenté son projet de loi sur la sécurité intérieure qui prévoit un arsenal contre les nouvelles formes de délinquance.

Parmi les mesures qui seront discutées il y a la vidéosurveillance, un couvre-feu pour les moins de 13 ans, avec des sanctions possibles pour les parents des enfants délinquants. La gauche et les magistrats jugent ce projet "liberticide".


Une présentation somme toute "équilibrée" (voir, entre autres, Les pédophiles n'ont rien à craindre de la LOPPSI. Les internautes, si.)

En décembre dernier, le CSA "envisageait de prononcer une sanction financière" en raison de ces "manquements à l'honnêteté de l'information". Contacté, le CSA n'est pas en mesure de déclarer si sanction il y aura, mais confirme que l'"action suit son cours".

Choisi pour vous par Medias-Mensonges-Désinformation

bugbrother.blog.lemonde.fr

Réagir à cet article


Articles affiliés ordre chronologique

ouvrir

Manipulations répétées en faveur du pouvoir : et si l'on coupait l'antenne à TF1 ?

100309:1205 7 min plumedepresse.net mots

On peut toujours rêver...

Dommage, on n'est pas chez Chavez !

lundi 8 mars 2010, par Olivier Bonnet

Des manquements au « devoir de rigueur dans le traitement de l'information » : voilà de quoi TF1 s'est vue contrainte de s'excuser à l'antenne, sanction prononcée par le CSA. "Le 3 avril 2009, le JT de TF1 consacrait un sujet au vote d’Hadopi à l’Assemblée nationale. Les images montraient un hémicycle plein à craquer, laissant entendre que bon nombre de députés, et donc de représentants de la nation, avaient plébiscité le texte", rappelle PC INpact , qui "pointait alors le caractère pour le moins trompeur de ces [photos] dans un article intitulé « Vote de la loi Hadopi : 16 gus à l'Assemblée, mais pas chez TF1 ». Jean-Marc Pillas, médiateur sur le blog(de la chaîne, NdA) reconnaissait quelques jours plus tard simplement « une maladresse, certes regrettable, mais en aucune façon d’une intention maligne de contrefaire la réalité. Cette maladresse est imputable à un défaut d’attention humain et nous veillerons à l’avenir à ne pas reproduire ce genre d’erreur, conscients que nous sommes de la force des images". Détail amusant : "malgré les promesses du médiateur de TF1, la première chaîne récidivait cette fois avec la loi Loppsi, là encore présentée avec un hémicycle plein (voir l'article complet de Jean Marc Manach, de Bug Brother )." Ce n'est pas le seul dérapage reproché à la Une : "dans un JT présenté par Claire Chazal, la présentatrice évoque un rassemblement musulman où les femmes et les hommes étaient censés être séparés. L'image "off" qui illustrait cette brève montrait, au contraire, que les pratiquants n'étaient pas séparés selon leur sexe", complète Le Point. " Là où on marche carrément sur la tête, c'est lorsque les dirigeants de la chaîne se rebellent contre l'autorité du CSA : "TF1 et Canal +* ont refusé de lire à l'antenne un communiqué de "mea culpa" que les Sages souhaitaient leur imposer à la suite de diverses erreurs commises par les deux chaînes. Sur TF1, le communiqué d'excuses publiques devait être lu au début des JT de 13 heures et 20 heures. Jean-Pierre Pernaut, notamment, aurait refusé net. La chaîne, dirigée par Nonce Paolini, souhaite que le texte du CSA soit adouci..." Et puis quoi, encore ? Epilogue livré par PC INpact : "le CSA a finalement adopté en séance plénière la lettre que devront impérativement lire à l’antenne les deux chaînes, indique Satellifax". Déduisons-en donc que l'ahurissant refus par TF1 du premier communiqué a entraîné l'adoption ultérieure d'un texte en séance plénière, qu'on suppose adouci pour complaire à la chaîne de Bouygues. Mais bon, il y serait toujours question, comme nous le balancions en accroche, de manquements au « devoir de rigueur dans le traitement de l'information », et il sera plaisant d'entendre Pernaut, par exemple, se flageller en public. Mais en réalité, même si ces manipulations répétées sont graves, le pire scandale n'est pas là.