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« Affaire » Guillon : Radio France donne raison à Eric Besson

100322:1831 4 articles 5 min rue89.com mots

Dans une interview au Point.fr, le PDG de Radio France, Jean-Luc Hees, déclare :

« Je présente les excuses du groupe Radio France à M. Éric Besson. »


Quand on revient sur les déclarations du ministre après la chronique de l'humoriste, ce matin sur France Inter, le constat est clair : le doigt sur la couture du pantalon, le PDG de Radio France a obéi aux exigences du ministre. Dernier avertissement avant la porte pour Guillon ?

Dans son entretien avec LePoint.fr, Jean-Luc Hees ne se prononce pas sur le fond, mais note qu'une formule de l'humoriste n'est « pas conforme aux valeurs du service public » : lorsqu'il dit que Besson a des « yeux de fouine ». De son côté, le SNJ-CGT a dénoncé les « menaces scandaleuses et dangereuses » du ministre contre le chroniqueur.

Stéphane Guillon avait déjà été critiqué pour des formules sur le physique d'invités d'Inter, notamment en dépeignant Martine Aubry en « pot-à-tabac » (mais il l'avait fait en imitant Bertrand Delanoë).

En février 2009, le directeur de France Inter de l'époque, Frédéric Schlesinger, s'était excusé auprès du directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, qui s'était aussi plaint d'une chronique de Guillon.

Outré par la chronique, Besson a failli quitter le studio

Ce lundi matin, Eric Besson a failli quitter le studio du 6h30-10h de France Inter, avant son passage à l'antenne. Outré par la chronique de Stéphane Guillon juste avant son arrivée, il voulait lui répondre, puis planter là journalistes et auditeurs. L'équipe l'a convaincu de rester, arguant qu'il représentait l'UMP. Ça n'a pas suffi à apaiser l'indignation du ministre de l'Identité nationale.

Dans sa chronique, l'humoriste trace une biographique fictive de l'ex-socialiste rallié début 2007 à l'écurie sarkozyste : il le dépeint en « Mata-Hari de la politique française », infiltré par le Front national au sein de la gauche puis de la droite de gouvernement, nostalgique des soirées viriles à Montretout (l'ancien siège du parti extrémiste) où résonnaient bruits de bottes et aboiements de dobermans, qui parvient finalement à réaliser son dessein en devenant le premier expulseur d'immigrés de France.

La chronique se termine par cette phrase, hurlée avec l'accent qu'on prête aux nazis dans les films de guerre :

« En vérité, c'est un coup à quatre bandes : Marine Le Pen Présidente, Besson Premier ministre, Zemmour à la Culture, pour une France pure et blanche, sans délinquance, sans burqa, et sans rappeurs ! ! ! » (Voir la vidéo).




L'humour ne fait aucun doute : qui considère sérieusement qu'Eric Besson est le théoricien de la politique gouvernementale en matière d'immigration ? Sinon, Guillon reprend des poncifs de la caricature bessonienne (« Un vrai profil à la Iago, idéal pour trahir »).

La référence absente à « Mein Kampf »

Installé au micro vingt minutes après la chronique de Guillon, le ministre annonce qu'il ne l'a pas écoutée, mais qu'il a déjà reçu des SMS d'amis choqués. Dans sa réponse, d'une durée de deux minutes, Besson commence par se tromper (Guillon n'a pas mentionné « Mein Kampf »). Puis il parle de « dérive » et de « match totalement inégal » entre le chroniqueur et ceux qu'il croque.

Il revient aussi sur une précédente chronique de l'humoriste le concernant (à propos de ce que Guillon appelle son « mariage gris »), chronique qu'il considère, et il « pèse es mots », comme « raciste » :

« Venant d'une autre radio et venant d'un autre personnage, on aurait dit qu'elle était raciste. »

Traduction : France Inter et Stéphane Guillon bénéficieraient d'une impunité toute spéciale. C'est la première fois qu'une personnalité politique s'en prend ainsi à la radio, au-delà d'un de ses salariés. Attaqué sur sa sexualité supposément débridée, Dominique Strauss-Kahn avait sobrement qualifié de « méchanceté » l'humour de Stéphane Guillon.

« J'aimerais que vous réfléchissiez à la responsabilité de France Inter »

Besson enfonce le clou, en s'adressant à Nicolas Demorand :

« J'aimerais que vous réfléchissiez à la responsabilité qui est la vôtre. C'est un combat inégal. Lorsque je parle comme je suis en train de le faire, je sais très bien que je lui fais de la publicité, je sais très bien qu'on va le considérer comme un martyr et qu'au nom de l'humour, il a le droit de tout dire.

Or, l'époque souffre de ça : il faut arrêter les amalgames, il faut arrêter les anachronismes. La responsabilité de France Inter comme radio de service public, je pense que vous devriez y réfléchir. » (Voir la vidéo).




Engagée par un des piliers du gouvernement, la responsabilité de France Inter conduira-t-elle la radio à se débarrasser de Stéphane Guillon ?

Son directeur, Philippe Val, n'apprécie pas vraiment ce genre d'humour légèrement outrancier. Il a un jour déclaré, avant de s'attirer une réponse cinglante de Guillon :

« France Inter est une radio qui coûte cher à l'actionnaire, qui n'est pourtant pas très bien traité par la station. »

Certaines sources annoncent que Guillon ne sera plus là en septembre.

? Mis à jour le 22/3 à 16h36 après l'interview de Jean-Luc Hess au Point.fr et le communiqué du SNJ-CGT.

Choisi pour vous par Medias-Mensonges-Désinformation

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Carpettes Diem

100324:1046 2 min politis.fr mots

Ce matin, sur France Inter, Stéphane Guillon, dans sa chronique, allume velu Éric Besson - lui trouvant, notamment, des « yeux de fouine » et de laides pulsions nationales.

Ce n'est pas très gentil.

Éric Besson pousse alors un long hurlement de rage : il trouve que cette fois, c'est trop, qu'il serait temps que France Inter s'offusque enfin de tant d'effronterie (et la sanctionne, suppose-t-on) - et que d'ailleurs Stéphane Guillon est « raciste ».

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Des « couilles crasseuses » d'aristophane, au « nez de fouine » de Guillon

100324:0029 video 7 min arretsurimages.net mots

Nécessité de la caricature, par Céline Candiard, @sinaute

A propos de la colère d'Eric Besson contre Stéphane Guillon, et des excuses de Jean-Luc Hees, notre [@sinaute] Céline Candiard, chercheuse en histoire du théâtre, a posté dans nos forums le texte suivant.

On mesure la réalité d'une démocratie à sa capacité d'accueil de la caricature. Non pas au cas par cas, non pas en fonction de la qualité ou de la justesse de la caricature en question, mais dans son principe même.

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Quand Radio France s'aplatit devant Besson après une chronique de Stéphane Guillon

100323:1237 2 min oumma.com mots

Ne serait-ce pas désopilant, si ce n'était pas affligeant, d'observer avec quelle extrême élasticité et célérité les dirigeants de Radio France, cooptés par le pouvoir, courbent l'échine, façon carpette ?

Ne serait-ce pas hilarant, si ce n'était pas insupportable, de contempler leurs grotesques mines déconfites, après la diffusion d'une chronique politique caustique de l'inénarrable portraitiste Stéphane Guillon sur leurs ondes ?