Dans une interview au Point.fr, le PDG de Radio France, Jean-Luc Hees, déclare :
« Je présente les excuses du groupe Radio France à M. Éric Besson. »
Quand on revient sur les déclarations du ministre après la chronique de l'humoriste, ce matin sur France Inter, le constat est clair : le doigt sur la couture du pantalon, le PDG de Radio France a obéi aux exigences du ministre. Dernier avertissement avant la porte pour Guillon ?
Dans son entretien avec LePoint.fr, Jean-Luc Hees ne se prononce pas sur le fond, mais note qu'une formule de l'humoriste n'est « pas conforme aux valeurs du service public » : lorsqu'il dit que Besson a des « yeux de fouine ». De son côté,
le SNJ-CGT a dénoncé les « menaces scandaleuses et dangereuses » du ministre contre le chroniqueur.
Stéphane Guillon avait déjà été critiqué pour des formules sur le physique d'invités d'Inter, notamment en dépeignant Martine Aubry en « pot-à-tabac » (mais il l'avait fait
en imitant Bertrand Delanoë).
En février 2009, le directeur de France Inter de l'époque, Frédéric Schlesinger,
s'était excusé auprès du directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, qui s'était aussi plaint d'une chronique de Guillon.
Outré par la chronique, Besson a failli quitter le studioCe lundi matin, Eric Besson a failli quitter le studio du 6h30-10h de France Inter, avant son passage à l'antenne. Outré par la chronique de Stéphane Guillon juste avant son arrivée, il voulait lui répondre, puis planter là journalistes et auditeurs. L'équipe l'a convaincu de rester, arguant qu'il représentait l'UMP. Ça n'a pas suffi à apaiser l'indignation du ministre de l'Identité nationale.
Dans sa chronique, l'humoriste trace une biographique fictive de l'ex-socialiste rallié début 2007 à l'écurie sarkozyste : il le dépeint en « Mata-Hari de la politique française », infiltré par le Front national au sein de la gauche puis de la droite de gouvernement, nostalgique des soirées viriles à Montretout (l'ancien siège du parti extrémiste) où résonnaient bruits de bottes et aboiements de dobermans, qui parvient finalement à réaliser son dessein en devenant le premier expulseur d'immigrés de France.
La chronique se termine par cette phrase, hurlée avec l'accent qu'on prête aux nazis dans les films de guerre :
« En vérité, c'est un coup à quatre bandes : Marine Le Pen Présidente, Besson Premier ministre, Zemmour à la Culture, pour une France pure et blanche, sans délinquance, sans burqa, et sans rappeurs ! ! ! » (Voir la vidéo).