résumé des faits, archives historiques
Face à la quantité, voici un tri ordonné des événements
31/07/2008 : Immense victoire
E la Nave va
Ils savaient qu'Israël pouvait nous attaquer car les forces israéliennes l'ont fait en 2003, tuant Rachel Corrie, une américaine pacifiste venue témoigner.
07/2009 : Deuxième voyage, un peu plus de problèmes
E la Nave va
Le 30 juin, la marine israélienne a commis un acte de piraterie en montant illégalement à bord du « Spirit of Humanity » qui se trouvait dans les eaux internationales.
La marine israélienne a kidnappé son équipage de 21 personnes, en provenance de 11 pays, notamment l'ancienne membre du congrès étasunien, Cynthia McKinney
et une conséquence inattendue :
Début de l 'année 2010 : La marche pour la liberté exige l'ouverture du passage de Rafah, mais au contraire un mur est construit
Marche pour la liberté
27/05/2010 : agression meurtrière préméditée
1. Une flottille internationale au secours de Gaza
6 bateaux, moins de 700 passagers, 10 000 tonnes de matériaux de construction et biens de première nécessité, partent de Chypre
2. Israël veut empêcher une flottille d'arriver à Gaza
Les autorités israéliennes sont embarrassées par l'ampleur du convoi maritime à destination de Gaza
"Connaissant les autorités de mon pays d'origine, déclare-t-il, nous avons veillé à ce que la flotte ne transporte aucun produit suspect et surtout pas d'argent. Si la marine israélienne nous intercepte, elle ne pourra pas nous accuser de financer le Hamas."
3. Le Spirit intercepté le 30/05 à 22h52, la retransmission est brouillée, plus de réponse des bateaux
Messages retransmis en direct sur Twitter :
At about 4:30 am, Israeli commandos dropped from helicopter onto deck of Turkish ship, immediately opened fire on unarmed civilians
Report: Israel Navy takes control of Gaza aid flotilla; 2 activists killed
7:00 am Our Israeli attorney in Haifa has said that ten people have been murdered
There was no fire from our side. Watch the IHH video of soldiers firing the moment their feet hit the deck. They shot civilians asleep
La censure israélienne interdit toute information sur les "incidents" (I-télé)
Abbas condamne le "massacre" décrète 3 jours de deuil (I-télé)
"un futur état palestinien devra être démilitarisé" (netanyahou)
Manifestations dès le petit matin devant l'ambassade israélienne turque
Le président turque fustige ses interlocuteurs d'israël au téléphone
Indignation d'ampleur mondiale et manifestations dans toutes les capitales du monde contre l'agression meurtrière, mais les médias corporatifs décrivent l'événement que par un très petit bout de lorgnette, comme un trou percé dans un carton, ressassent les 3 mêmes infos toutes la journée, en mettant en avant les explications des ambassadeurs israéliens.
Sarkozy, inutile car il ne représente pas la France, s'abstient de toute déclaration et confie ce travail à l'Elysée qui produit un "communiqué de presse" dénué d'émotion.
Les vidéos mises à disposition, outre celles qui percent le barrage de brouillage radio, sont celles de l'armée israélienne, qui sont parcellaires et orientées?
Des manifestations de soutien à l'armée israélienne en Israël
Vidéo de l'attaque israélienne : un démenti cinglant aux mensonges des criminels
4. Après une désinformation massive, les témoignages viennent remettre les pendules à l'heure
Youcef Benderbal, du Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP) était à bord d'un des six bateaux de la flottille de la liberté pris d'assaut lundi par l'armée israélienne.
Nous étions dans les eaux internationales, dans lesquelles on n'a pas à demander d'autorisation de naviguer
Vers 4 heures du matin, je suis monté sur le pont et j'ai vu que le bateau turc était pris d'assaut par un hélicoptère. J'ai aussi entendu des tirs. A peine avais-je tourné la tête qu'un Israélien était monté à bord de notre bateau. L'assaut était simultané. L'attitude du militaire était très agressive. J'ai levé les bras et écarté les mains et lui ai dit 'We are pacifists'.
Comme on savait qu'il y avait un risque de voir l'armée israélienne débarquer, on avait constitué trois groupes (...) La dernière équipe devait accueillir de façon pacifique les Israéliens pour amorcer un dialogue, détendre l'atmosphère et apaiser.
Le capitaine a eu l'oreille cassée et a été roué de coups. Il porte une minerve maintenant.
J'insiste : personne de notre bateau n'a utilisé d'arme. Chacun a conservé son calme et gardé la tête haute. L'usage de la force était du côté israélien avec matraques, flashball et décharges électriques.
Mon téléphone, ma caméra, mon appareil photo m'ont été confisqués. Idem pour les journalistes.
il est indispensable voire vital de briser le blocus de Gaza. Même un responsable de l'ONU a fait des déclarations en ce sens.
The aggression came from the sky, from helicopters from which soldiers came down by ropes
Nilufer Cetin, a Turkish activist, and her baby boy hid in a bathroom below deck as stun grenades, live ammunition and teargas exploded above them. Speaking on her return to Istanbul, she described how "the ship turned into a lake of blood".
They started to descend on to the ship with helicopters." She added the clashes were "extremely bad and brutal".
Iara Lee, a Brazilian filmmaker who was also on the Mavi Marmara, claimed the Israeli troops had invaded the ship after cutting all communications and "started shooting at people".
Lee said: "[The attack] was a surprise, because it happened in the middle of the night, in the darkness, in international waters, because we knew there would be a confrontation but not in international waters.
Their first tactic was to cut all of our satellite communications and then they attacked. All I witnessed first hand was the shooting. They came on board and started shooting at people."
"They said we were terrorists - it was absurd. They came into the part where the women were, lots and lots of them, dressed in black and with gigantic weapons as if they were in a war. They confiscated all of our telephones and all of our luggage and took everything out of the bags and put it on the floor."
"We expected them to shoot people in the legs, to shoot in the air, just to scare people, but they were direct," she said, in a separate interview with the Folha de São Paulo newspaper. "Some of them shot in the passengers' heads. Many people were murdered - it was unimaginable."
An Arab member of the Israeli Knesset, Hanin Zoabi, who was on board the Mavi Marmara, said "not a single passenger ...raised a club".
"A clear message was being sent to us, for us to know that our lives were in danger. We were not interested in a confrontation. What we saw was five bodies. There were only civilians and there were no weapons ... Israel spoke of a provocation, but there was no provocation."
Avital Leibovich, its warships gave the activists several warnings before commandos were dropped from helicopters on to the deck of the Mavi Marmara.
"We found ourselves in the middle of a lynching," she told reporters in the Israeli port of Ashdod. About 10 activists had attacked commandos, taking their pistols, she said. "It was a massive attack. What happened was a last resort."
Greek activist Dimitris Gielalis, aboard a third vessel, the Sfendoni, gave a similar account. "Suddenly from everywhere we saw inflatables coming at us, and within seconds fully equipped commandos came up on the boat. They came up and used plastic bullets, we had beatings, we had electric shocks, any method we can think of, they used," he said.
Hanin Zoabi, l'unique député israélien qui participait à la " "Flotille de la Liberté" ", a affirmé ce mardi, après avoir été libérée, que l'Armée israélienne n'essayait pas d'arrêter seulement les bateaux de forme pacifique, mais aussi voulait faire des victimes.
"Il n'y avait pas de passager avec bâtons", a-t-elle confirmé
Ci-dessous la vidéo de l'assaut des commandos israéliens sur le bateau turc Marmara. Avec des sous-titres en français et toutes les preuves que des civils non armés, prêts au dialogue, et qui ont même apporté des soins à deux soldats israéliens qui s'étaient blessés en tombant sur le navire, ont été lâchement agressés par les escadrons de la mort israéliens.
"Je vous appelle en cachette, des centaines de soldats israéliens ont attaqué la flottille de la liberté et les passagers du bateau à bord duquel je me trouve se comportent avec beaucoup de courage", a affirmé Abbas Nasser dans son dernier appel à la chaîne basée au Qatar. "Le capitaine de notre bateau est grièvement blessé, et il y a deux autres blessés parmi les passagers", a ajouté le journaliste, avant l'interruption brutale de la communication.
Qu'est-ce que ça vous fait de tirer des missiles sur des gens que vous ne voyez pas ?
Est-ce que cela vous aide de ne pas voir qui vous êtes en train de tuer ?
Est-ce que cela soulage votre conscience de ne pas cibler des civils délibérément, même si en réalité, vous agissez selon la doctrine Dahiya d'Israël c'est-à-dire que vous utilisez ce qu'il faut de « force disproportionnée (pour infliger) des dommages et un châtiment » à des infrastructures civiles, « des intérêts économiques et les centres de pouvoir civils, » massacrant sciemment des non-combattants, des hommes, des femmes et des enfants ;
Comment votre conscience va-t-elle s'en arranger ?
L'attaque d'Israël contre la flottille d'aide humanitaire à destination de Gaza, pendant le Memorial Day de l'Amérique, était bien trop prévisible, même si la forme qu'elle a prise m'a surpris. Et elle confirme le vieux proverbe, Ceux que les dieux veulent anéantir, ils les rendent d'abord fous, en ce que l'attaque fut de cette sorte de folie que seule une arrogance sans limites peut assumer.
1 - Les navires non armés avec des passagers non armés essayaient d'apporter de l'aide humanitaire et pour la reconstruction à une bande de Gaza ravagée et assiégée.
2 - Israël impose un blocus à Gaza sans doute, sinon certainement, en violation du droit international, soutenu largement par les veto états-uniens au Conseil de Sécurité des Nations unies.
3 - Les navires et les commandos israéliens ont intercepté et attaqué une flottille humanitaire dans les eaux internationales - ce qui est un acte de guerre, de piraterie voire de terrorisme d'Etat, selon notre point de vue sur ces détails.
4 - Sous l'attaque, certains des passagers ont essayé de se défendre, nombre d'entre eux ont été tués ou blessés, et quelques commandos israéliens ont également été blessés - sans doute une surprise pour eux, mais leur nombre habituel de victimes peut les avoir rendus un peu trop impudents.
5 - De nombreux gouvernements et opinions publiques dans le monde - pas seulement dans les capitales arabes - se disent ouvertement indignés, et les forums de discussions sur les sites d'informations US qui diffusent les évènements laissent penser qu'il en est de même, pour une large part, au niveau de l'opinion publique du pays.
6 - Mais pour Israël, il s'agit simplement d'un incident de plus du genre, « Nous sommes la victime incomprise », sur une longue, une sordide litanie, absolument incroyable ; sauf que cette fois, ils ne pourront pas s'en sortir.
Cheikh Salah a fait plusieurs observations sur la relation des juifs avec le Mur des Lamentations, certifiant que ce mur faisait partie du complexe d'al-Aqsa.
"Les commandos israéliens ont commencé à tirer sans sommation. Ils ont tué plusieurs volontaires avant même de débarquer sur le bateau", a raconté aux journalistes l'avocat Moubarak al-Moutawa, qui se trouvait à bord du bateau turc Mavi Marmara, le plus grand des six navires de l'expédition à destination de Gaza, sous blocus israélien.
"Je vous assure qu'aucun des volontaires n'avait d'arme à feu. Nous n'avions d'autres armes que des ustensiles de cuisine et les volontaires n'ont engagé aucune résistance"
"Les soldats israéliens ont débarqué sur le bateau après avoir fait des morts. Les gens ont ensuite résisté à mains nues pour se défendre. C'est un crime perpétré par des pirates en haute mer"
"Nous avons fait l'expérience des crimes sionistes. Nous avons passé deux jours comme si nous étions à Guantanamo", a dit l'activiste Abdulrahman al-Kharraz.
La Turquie est désormais, et pour la première fois, partie prenante du conflit ! il est intéressant de comprendre le calcul israélien qui a mené à cette situation.
La solidarité avec la lutte du peuple palestinien devient le symbole d'une bataille contre la barbarie, contre la loi de la jungle que pratique Israël.
Il est possible qu'Israël ait voulu, via son acte criminel de ce lundi 31 mai, intimider les militants internationaux et les dissuader de continuer à organiser ces initiatives. Il est par contre certain que son image a pris un nouveau coup. Face à la campagne BDS, Israël criait que c'était une tentative pour la « délégitimer » !
M. Moubarak "a donné des instructions pour ouvrir le terminal de Rafah afin de faire entrer les aides humanitaires et médicales nécessaires pour la bande de Gaza et accueillir les cas humanitaires, les blessés et les malades qui doivent passer par l'Egypte
Thierry Meyssan : La décision d'aborder des navires civils dans les eaux internationales constitue un « acte de guerre » au regard du droit international.
Cet acte de guerre, à l'encontre des pavillons grecs et turcs de ces navires, a été perpétré afin de consolider le blocus, lequel constitue en lui-même une violation du droit international.
En choisissant l'argument de la « légitime défense », les autorités israéliennes ont explicitement revendiqué leur souveraineté sur les eaux internationales à 69 miles nautiques au large de la Palestine ; cette annexion -temporaire ou durable- étant nécessaire à la poursuite du blocus, lequel serait nécessaire à la sécurité de l'Etat d'Israël.
[cette crise] pourrait aboutir à une rupture complète des relations militaires entre les deux pays, alors même que la Turquie aura été pendant un demi-siècle le meilleur allié d'Israël dans la région. D'ores et déjà, les manoeuvres conjointes turco-israéliennes ont été annulées sine die. En outre, cette crise pourrait aussi avoir des conséquences sur les relations commerciales entre les deux pays, alors même que la Turquie est un partenaire vital pour l'économie israélienne.
Cependant, Tel-Aviv se devait de casser la crédibilité de la Turquie au moment où elle se rapproche de la Syrie et de l'Iran, et ambitionne d'exercer avec ses nouveaux partenaires une autorité régionale
Le gouvernement Netanyahu a invité ses ressortissants à quitter la Turquie, tandis que des manifestations spontanées se multiplient devant les consulats israéliens où la foule réclame vengeance.
Côté états-unien, cette affaire rappelle celle de l'USS Liberty (8 juin 1967). Durant la guerre des Six jours, les Israéliens attaquèrent un bâtiment de surveillance électronique de l'US Navy, faisant 34 morts et 171 blessés. Tel-Aviv présenta ses excuses pour cette méprise sur le champ de bataille tandis que, tout en les acceptant officiellement, Washington y vu un outrage délibéré. Les Israéliens auraient voulu à l'époque sanctionner les critiques états-uniennes.
Cette fois, l'attaque de la flottille de la liberté pourrait être une sanction après le vote par Washington d'une résolution des Etats signataires du Traité de non-prolifération enjoignant Israël à déclarer ses armes nucléaires et à accepter les contrôles de l'Agence internationale de l'énergie atomique.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en voyage en Amérique du Nord, a décidé de terminer sa visite canadienne et d'annuler son rendez-vous à la Maison-Blanche. Il a été joint par téléphone par le président Obama qui lui a demandé des explications.
La Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, Navi Pillay, a déclaré que l'opération israélienne ne pouvait avoir aucune justification juridique. Le Rapporteur spécial sur les Droits de l'homme dans les territoires occupés palestiniens, Richard Falk, a tenu à souligner qu'au delà de l'atteinte à la liberté de circulation sur les mers, le problème central reste le blocus.
5. Une désinformation massive
À une époque où les médias et les relations publiques sont sans doute aussi puissants que les armées, les résultats des combats pour les curs et les esprits façonnent souvent le monde dans lequel nous vivons.
des nuances simples - souvent utilisées en fin de compte - qui peuvent affecter la vie de millions de personnes. Par exemple, une « guerre » peut être présentée comme un « conflit », ou des civils « massacrés » dans un raid aérien peuvent aussi être qualifiés de civils « morts » dans une attaque, etc...
Qui dit que les mots ne sont que des mots est un menteur...
Pour commencer, il faut se demander pourquoi un événement aussi important n'est pas couvert par la plupart des grands réseaux de nouvelles internationales. Certainement qu'une des plus grandes manifestations de résistance civile collective et internationale, avec 50 nationalités différentes, plus de 30 parlementaires et ayant coûté des millions de dollars, serait digne de faire la une.
Mesdames et Messieurs nos « représentants », journalistes et intellectuels officiels :
Allez vous une nouvelle fois vous retrancher derrière l'excuse de la non-ingérence dans les affaires israéliennes, alors que l'attaque a été perpétrée dans les eaux internationales et que les victimes sont des citoyens issus des États-Unis, d'Europe, etc. ? Allez-vous vous en tenir à une molle dénonciation, en cautionnant tous les arguments de l'agresseur et en concluant par le traditionnel « Israël a le droit d'assurer sa sécurité » ? Allez-vous prendre à votre compte la terminologie distillée par Tsahal : « énorme provocation », « activistes », « pro-palestiniens »,« armés », « couteaux », « haches », « incident », « islamistes »... afin de relativiser l 'énormité du crime ? Quel autre pays bénéficierait d'une telle complaisance et d'une telle impunité ?
Les Sionistes juges et parties.
Vous le savez, les médias sont essentiellement aux mains des néo-sionistes (§) ou de leurs partisans, ce n'est pas de l'antisémitisme de l'affirmer, c'est de l'information
pour comprendre: De Pujadas à Elkabbach, de Leymergie à Calvi... Ou bien, c'est un défilé de journalistes du Figaro, du Point, de l'Express, du Nouvelobs, de Libération... tous grands défenseurs de la Pensée Unique ultra-libérale, atlantiste, néo-sioniste. Et ces journalistes sont épaulés par de pseudos sondeurs, tous là pour justifier les politiques contraires aux intérêts des peuples.
L'agression israélienne est non seulement minimisée, mais justifiée. Le crime de guerre est honteusement maquillé !
Les termes employés ? En face d'eux, les Israéliens ont des "activistes"(terme très méprisant, tendant à rabaisser les humanitaires), des "Islamistes", des "terrroristes", des "provocateurs" (et la provocation est "préméditée"), des militants "appartenant à des organisations djihadistes internationales comme Al Quaïda et le Hamas", "dont les intentions, les méthodes et les résultats sont naturellement violents". Attention ! Je me contente de citer les expressions que j'ai entendues sur les Chaînes de télévision françaises et internationales ce lundi matin.
C'est à peine si l'on entend dire, entre deux justifications par l'Armée israélienne, que les militants comptent dans leurs rangs des dirigeants d'associations humanitaires, des journalistes, ou des Députés européens, et que l'intervention plus que musclée "viole les lois internationales" en particulier parce qu'elle a lieu au milieu des eaux internationales appartenant à tous.
Et cet événement a au moins le mérite de rappeler au monde dans quelles conditions vivent les Gazaouis, privés de tout parce qu'ils ont voté pour des dirigeants qui refusent de collaborer avec un Etat criminel, raciste
Bref, il s'agit d'un génocide qui ne dit pas son nom, toléré par une Communauté internationale au mieux résignée et apathique, au pire, comme en France, complice.
Cet événement effroyable nous rappelle deux choses: Que les Médias sionistes sont une caisse de résonance pour les crimes d'Israël, toujours justifiés, bref qu'ils sont outrageusement partiaux; ensuite, que les bourreaux, encore et toujours, se font passer pour les victimes, et qu'ils jouissent d'une impunité scandaleuse, suspecte, qui devrait tous nous interroger.
David Pujadas nous rapporte le récit du raid sur la flottille « pro-palestinienne », évitant systématiquement l'emploi de l'adjectif « humanitaire » pourtant utilisé partout ailleurs pour qualifier le convoi.
David Pujadas, lui, confirme son nombre de victimes à plusieurs reprises durant l'émission avec tout l'aplomb du journaliste sûr de ses sources. Mais de quelles sources s'agit-il exactement ? Durant la journée du 31 mai, seule l'armée israélienne a communiqué le chiffre de neufs morts.
En fait, toute l'émission était axée sur la version de Tel-Aviv : les soldats ont gentiment prié le convoi de les suivre jusqu'au port israélien d'Ashdod; les « pro-palestiniens » ont refusé d'obtempérer ; un commando israélien est monté à bord d'un bateau où il a été attaqué à coups de bâtons, de couteaux et de billes ; les soldats ont été contraints d'ouvrir le feu. Le récit est appuyé par des images gracieusement fournies par l'armée israélienne qui, selon M. Pujadas, « veut ainsi prouver que ses soldats ont été agressés ». Des propos confirmés par les interventions de la porte-parole de l'armée israélienne, du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, ainsi que par une interview du porte-parole du ministère israélien des Affaires Etrangères, Daniel Saada.
De la version « pro-palestinienne » des événements, nous saurons juste que les activistes ont qualifié l'attaque de « délibérée ». C'est tout ? Oui ! Pas un mot sur les témoignages concordants établissant qu'un bateau grec avait essuyé des tirs à balles réelles depuis un hélicoptère durant la nuit.
Pas un mot non plus sur l'aspect illégal du raid israélien. Le reportage de France Télévision rapporte que l'attaque s'est déroulée dans les eaux internationales, au-delà des eaux territoriales israéliennes. Mais la chaîne du service public se garde bien de préciser que l'opération viole donc le droit international et qu'elle constitue un acte de piraterie.
Quelques erreurs déontologiques plus tard, M. Pujadas nous annonce l'interview imminente de Daniel Saada, porte-parole du ministère des Affaires Etrangères, et envoie un reportage sur le blocus israélien, « pour bien comprendre » et mettre à l'aise l'officiel israélien. Le reportage de France Télévision nous apprend en effet qu'Israël a imposé un blocus politique et économique sur Gaza depuis que le Hamas y a pris le pouvoir « par la force » en 2007. Il s'agit d'un mensonge grossier répété inlassablement depuis plusieurs années. Le 25 janvier 2006, le Hamas a remporté haut la main des élections législatives dans la bande de Gaza. Ces élections avaient mobilisé plus de trois-quarts des électeurs sous le regard de 900 observateurs internationaux ayant validé la parfaite régularité du scrutin.
Le reportage revient ensuite sur la guerre de Gaza : « après des tirs de roquette par le Hamas sur le Sud d'Israël, l'armée de Tsahal lance une offensive majeure sur Gaza ». Le journaliste laisse ainsi entendre que le Hamas aurait rompu la trêve avec Israël et que ce dernier aurait agi en état de légitime défense. Il s'agit d'un vulgaire mensonge sur lequel s'est basée la propagande israélienne et que France Télévision propage, une fois de plus, complaisamment.
Première question : « Finalement il y a eu neuf morts, pouvez-vous reconnaître que l'opération était disproportionnée ? ». Par le choix de ce vocabulaire insidieux, David Pujadas prend donc déjà la défense du crime israélien. Réponse de l'officiel : « Lorsqu'on voit la violence inouïe déployée par les activistes à bord du bateau (...) on est amené à dire que les soldats israéliens ont fait preuve d'une retenue et d'une maîtrise de soi absolument exceptionnelle ».
Peut-être M. Pujadas aurait-il pu rebondir sur les propos pour le moins surprenants de son interlocuteur. Mais le journaliste enchaîne aussi tôt : « N'avez-vous pas renforcé ceux que vous voulez combattre, le Hamas et ses alliés ? ». Réponse de Daniel Saada, imperturbable : « C'est le contraire qui s'est passé. L'objectif de cette mission n'était pas humanitaire (...) mais consistait à briser le blocus pour renforcer le Hamas ».
David Pujadas conclura l'entretien par une troisième et dernière question sur le crédit d'Israël. Le porte-parole rétorquera que les actions de son gouvernement sont souvent mal interprétées.
cinq règles de la « propagande de guerre », telles qu'elles sont décrites par Michel Collon dans le livre Israël, parlons-en ! :
1. Cacher l'Histoire. Avant d'interviewer M. Saada, David Pujadas nous a proposé un reportage sur les raisons du blocus israélien, « pour bien comprendre ». Pour bien comprendre, il aurait fallu rappeler les causes profondes du conflit et comment Israël, Etat colonial, occupe des territoires palestiniens en violation du droit international.
2. Cacher les intérêts économiques. Pourquoi un pays se croit-il autorisé à assassiner des membres d'un équipage humanitaire dans les eaux internationales ? Jusqu'ici, Israël a toujours jouit d'une impunité car il est soutenu par les plus grandes puissances occidentales, principalement les Etats-Unis. Sa mission ? Jouer le rôle du gendarme du pétrole dans la région stratégique du Moyen-Orient.
3. Diaboliser l'adversaire. Par la magie de France 2, un convoi humanitaire regroupant diverses ONG, des députés européens et même un prix Nobel de la Paix s'est transformé en action de déstabilisation politique au service du Hamas. Le mouvement de résistance palestinien démocratiquement élu étant présenté comme une organisation islamiste ayant pris le contrôle de Gaza par la force et étant la principale source de conflits.
4. Inverser la victime et l'agresseur. La propagande essaie de nous faire croire que le commando israélien a perdu le contrôle de la situation, attaqué par une bande d'activistes surexcités. Difficile de savoir ce qui s'est réellement passé sur les bateaux. Ce qui est clair par contre, c'est qu'Israël a abordé le convoi dans les eaux internationales. Il s'agit d'un acte de piraterie illégal qui place les activistes pro-palestiniens en situation de légitime défense.
5. Monopoliser l'info, exclure le vrai débat. La version israélienne a occupé la majeure partie du temps d'antenne consacré à l'attaque de la flottille. La rédaction de France 2 a tenté de comprendre ce qui s'était passé : les activistes étaient-ils armés ? Qui a attaqué en premier ? La flottille avait-elle un objectif caché ? Ces questions restent secondaires et il serait difficile d'y apporter des réponses précises pour l'instant car l'armée israélienne exerce un contrôle sur l'information. L'élément principal de ces événements, c'est le blocus illégal et inhumain qu'impose Israël à la population de Gaza. Ne l'oublions pas, des personnes ont payé de leur vie pour essayer de briser cette situation injustifiable.
Michel Collon : Et, une fois de plus, la couverture médiatique est pleine de mensonges. A la radio que j'écoutais ce matin, on ne donnait pas la parole aux victimes mais seulement à l'agresseur qui balançait ses excuses habituelles...
1. La Flottille de la Paix n'aurait pas obéi aux injonctions de l'armée israélienne. Mais depuis quand doit-on obéir aux ordres illégaux d'un Etat qui occupe ou bloque illégalement des territoires ne lui appartenant pas ?!
2. Les navires n'auraient pas eu le droit de venir au secours des habitants de Gaza affamés et privés de médicaments ? Mais le blocus israélien viole entièrement le droit international !
3. Les soldats israéliens auraient été agressés. Evidemment ! Comment n'y avait-on pas pensé ! Les crimes israéliens sont toujours de la légitime défense !
Tous ces médiamensonges ne font qu'appliquer les « principes de la propagande de guerre » tels que je les ai exposés dans mon livre Israël, parlons-en !
Avec une pression suffisante, nous pourrons imposer le respect du droit et la fin des crimes :
1. Les pays européens doivent renvoyer l'ambassadeur israélien sur le champ, et suspendre tous les accords économiques, politiques et militaires avec Israël.
2. Il faut boycotter tous les produits israéliens tant que le droit ne sera pas respecté.
3. Les médias doivent donner la parole aux victimes et entamer un débat public sur tous les médiamensonges de la propagande israélienne.
6. Un déni qui frise la folie
Israël prétend qu'il n'y a pas de crise humanitaire en cours à Gaza.
Israël prétend que son blocus est simplement dirigé vers le gouvernement du Hamas à Gaza et qu'il se limite aux soi-disant articles de «sécurité». Pourtant, en visitant Gaza l'année dernière, le sénateur américain John Kerry a été choqué de découvrir que des produits alimentaires de base comme les lentilles, les macaronis et le concentré de tomate étaient inclus dans la liste du blocus israélien.
Israël prétend que si nous voulons envoyer de l'aide à Gaza, nous n'avons qu'à l'envoyer par les «voies officielles»: lui donner l'aide qu'elle, à son tour, livrera. Cette déclaration est à la fois ridicule et offensante. Son blocus et ses «voies officielles» sont en premier lieu directement responsables de cette crise humanitaire.
D'après l'ancien Président américain, Jimmy Carter: «Les palestiniens de Gaza sont délibérément affamés et reçoivent moins de calories que les habitants des endroits les plus pauvres d'Afrique.
Le plus méprisable de tout, Israël prétend que nous violons le droit international en navigant sur des bateaux non-armés transportant de l'aide humanitaire pour des personnes qui en ont terriblement besoin. Ces affirmations démontrent uniquement à quel point le discours politique en Israël a dégénéré.
Une force occupante a le devoir d'assurer l'approvisionnement en vivre et en médicaments de la population, ainsi que de maintenir les hôpitaux et les autres services médicaux, «dans toute la mesure de ses moyens» (Convention (IV) de Genève, art. 55, 56). Ceci comprend protéger les hôpitaux civils, le personnel médical, les blessés et les malades. De plus, un principe fondamental du Droit International Humanitaire, ainsi que les lois domestiques des nations civilisées, est celui qui interdit les peines collectives contre une population civile (Convention (IV) de Genève, art. 33).
Vu l'échec continu et répété de la communauté internationale à faire respecter ses propres lois et à protéger la population de Gaza, nous croyons fortement que nous, en tant que citoyens du monde, avons une obligation morale d'intervenir par des actions non-violentes de résistance civile pour faire respecter les principes internationaux. Les menaces et intimidations d'Israël ne nous dissuaderons pas. Nous naviguerons vers Gaza encore et encore et encore, jusqu'à ce que le siège finisse pour toujours et que le peuple palestinien ait un accès libre au monde.
Robert Fisk : L'Etat hébreu aurait-il perdu la boule ? La guerre de Gaza de 2008/2009 (1 300 morts) et celle du Liban en 2006 (1 006 morts), et toutes les autres guerres, et maintenant, le massacre du 31 mai [assaut israélien contre la "flottille de la liberté"], tout cela signifie-t-il que le monde ne va plus tolérer qu'Israël fasse la loi ? Ne nous emballons pas. Il suffit de lire la molle réaction officielle de la Maison-Blanche - qui a annoncé que le gouvernement Obama s'efforçait de "comprendre les circonstances qui entourent la tragédie". Pas un mot de condamnation. Et c'est tout. Neuf morts. Un chiffre de plus qui vient s'ajouter à la liste des victimes au Moyen-Orient.
Comment en est-on arrivé là ? Sans doute parce que nous nous sommes habitués à voir les Israéliens tuer des Arabes, sans doute parce que les Israéliens se sont habitués à tuer des Arabes. Maintenant ils tuent des Turcs. Ou des Européens. Quelque chose a changé au Moyen-Orient ces dernières 24 heures - et les Israéliens (compte tenu de leur réaction extraordinairement idiote au massacre) ne comprennent visiblement pas ce qui s'est passé. Le monde en a assez de ces scandales. Seuls les politiques gardent le silence.
La France ne prendra aucune sanction contre Israël. Nous sommes des amis d'Israël. Et ce n'est pas la politique de la France. Nous voulons favoriser le processus de paix par le dialogue.
La France n'exige pas la liberté de circulation pour ses ressortissants en Israël et en Palestine. Elle demande leur libération et accepte que ce soit sous la forme d'expulsions
La France ne soutiendra pas le "Rachel Corrie" et lui déconseille de naviguer en direction de Gaza. La France déconseille d'ailleurs tout voyage en direction de Gaza.
René Naba : L'abordage meurtrier israélien contre les pacifistes pro palestiniens porte en tout état de cause désaveu du comportement occidental, lequel, en soixante ans de manoeuvres diplomatiques, à coups de processus de paix épisodiques, a beaucoup fait progresser le processus, mais régresser d'autant la paix.
L'abordage meurtrier de la flottille humanitaire rend en effet malvenu la reprise des négociations israélo-palestiniennes
Il rend problématique une attaque contre l'Iran projetée par Israël et les Etats Unis contre les installations nucléaires iraniennes
Le premier anniversaire du lancement de l'Union Pour la Méditerranée avait été plombé par la guerre contre Gaza, le second risque d'être sérieusement affecté par l'assaut naval israélien
La France participe au blocus naval de Gaza et de concert avec l'Egypte à la construction d'un barrage visant à couper le ravitaillement souterrain de l'enclave.
Jamais projet n'a si piteusement échoué en un si court laps de temps dans les annales de la diplomatie internationale, au point que se pose la question de la perspicacité de ses auteurs, leur présomption sur leur propre capacité, sur leur habileté diplomatique et la pertinence de leurs démarches.