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Bigeard : la mort d'un colonial

100620:1621 3 articles 2 min europalestine.com mots

Publié le 18-06-2010

Une nouvelle est tombée vendredi matin, comme la presse moutonnière les adore : la mort du général Marcel Bigeard, à son domicile de Toul (Meurthe-et-Moselle), à l'âge de 94 ans.

Réglées comme des métronomes, les rédactions n'ont plus qu'à sortir les « nécros » préparées de longue date à la gloire de cet homme, tandis que les politiques vont pondre l'un après l'autre des communiqués d'hommage au « combattant éternel », au « résistant », voire, et c'est un comble, au « rebelle de toujours ».

Personne ou presque ne relèvera que l'homme qui vient de mourir dans son lit a incarné, dans la deuxième partie du XXème siècle, les soubresauts sanglants d'un impérialisme français décadent.

Car les titres de « gloire » de Bigeard, c'est en servant les causes criminelles du colonialisme français qu'il les avait acquis.

Au Vietnam d'abord, lorsque l'armée française avait tenté, au prix de massacres sans nom, à maintenir sa domination sur tout un peuple. Mais en vain : en mai 1954, les indigènes infligèrent une défaite sans appel à l'armée coloniale retranchée dans ses fortins de Dien Bien Phu, obligeant la France à renoncer, la honte au front, à ses possessions d'Indochine.

Marcel Bigeard se retrouva ensuite en Algérie où la guerre d'indépendance venait d'éclater. Les gazettes ne manqueront pas de nous le montrer, « crapahutant dans le djebel », avec ses parachutistes coloniaux. Elles se feront plus discrètes sur le rôle du colonel Bigeard dans la Bataille d'Alger, vaste opération terroriste ordonnée par le gouvernement (« de gauche », à l'époque) à ses soudards : si le patron de la Bataille d'Alger, le général Jacques Massu, avait fini par exprimer ses remords quant à l'emploi systématique de la torture contre le peuple algérien, Bigeard, lui, n'a jamais eu un mot d'excuses, alors que sa responsabilité opérationnelle dans de tels crimes était pourtant engagée.

Pire, au cours de ces dernières années, et bien qu'un demi-siècle nous sépare désormais de la guerre d'Algérie, le vieux Bigeard avait encore conservé assez de hargne pour s'opposer à toute tentative, même timide, de reconnaissance des crimes passés de l'armée française. Alors un peu de pudeur, s'il vous plaît.

CAPJPO-EuroPalestine

europalestine.com

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De Bigeard à de La Bollardière : la face cachée de la guerre d'algérie.

Histoire 100622:1055 Chems Eddine Chitour 12 min legrandsoir.info mots

Chems Eddine CHITOUR

Sur la torture en Algérie : "Pourquoi n'as-tu pas fermé ta gueule ?" lance-t-il, au téléphone, au général Aussaresses qui vient d'écrire un livre sur la torture en Algérie.

Général Bigeard, L'Express, 7 juin 2001

Le général de corps d'armée Marcel Bigeard s'est éteint le 18 avril 2010 à l'âge de 94 ans. La classe politique française lui a rendu hommage. Tous ont souligné sa bravoure au service de la France. Tous ont « oublié » de parler de sa face sombre en Algérie. Ce n'était pas seulement le parachutiste qui a emprunté les casquettes de l'Afrika Corps de Rommel, ce n'était pas aussi les défilés, le clinquant, les médailles, c'est aussi la torture. Pour Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy : « En Algérie, Bigeard a accompli la mission qu'on lui avait confiée. Je pense qu'il l'a fait là aussi avec beaucoup d'intelligence, beaucoup d'humanité. »

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Pavane pour un tortionnaire défunt

justice 4 all 100620:1617 K. Selim * 4 min info-palestine.net mots

K. Selim - Le Quotidien d’Oran

On ne s'attendait pas à ce que la mort d'un général de l'armée coloniale, qui a organisé une industrie routinière de la torture de masse, provoque une quelconque contrition chez les représentants qualifiés de la droite française.

On est néanmoins choqué par l'exercice de révisionnisme auquel s'est livré Henri Guaino, conseiller spécial de la présidence française et rédacteur de discours présidentiel. Et à ce titre, on présume qu'il sait parfaitement ce qu'il dit.