La retraite mais aussi la question de la qualité de la vie à Cuba
Selon des experts nationaux, Cuba est parmi les nations dont la population les plus âgées de l'Amérique latine et dans une date pas très lointaine, en 2025, un Cubain sur quatre aura plus de 60 ans. C'est toujours un problème d'avoir une population qui n'est pas en âge de travailler et la croissance démographique qui permet d'avoir une population jeune est en général recherchée. un des effets bien connu des sociétés modernes est le relâchement des liens de solidarité qui sont plus ou moins compensés par des solidarité intergénérationnelles institutionnalisées comme le droit à la retraite et à la santé. Et une des problèmes de nos sociétés capitalistes occidentales est que l'on rogne sur ces droits institutionnels alors mêmes qie les liens de solidarité ne cessent de se distendre. ce qui multiplie les situations inhumaines. Mais là dessus aussi Cuba a tenté d'innover en donnant un nouveau rôle aux anciens, en non seulement leur accordant des droits qu'aucune autre société pauvre ne leur accorde mais également en travaillant sur la question des moyens pour qu'ils ne soient pas rejetés par la société.
Le premier de septembre a eu lieu le Jour International du Vieillard, institué par l'Organisation des Nations Unies en mémoire d'Emma Godoy, une femme de lettres mexicaine qui a dédié sa vie à travailler inlassablement en faveur de cette partie de la population. A cette occasion, les médias cubains rappellent que cette population peut vivre dans les meilleures conditions de développement mais que cela nécessite l'attention de tous pour qu'elles soient le plus longtemps possible joyeuses, indépendantes et en bonne santé.
Cette fête a une signification spéciale actuellement, parce que le monde vit un processus de vieillissement.Cuba n'échappe pas à ce phénomène, qui s'est produit dans ce pays avec une plus grande rapidité que dans d'autres pays comme conséquence de facteurs multiples, parmi ceux-ci, son espérance élevée de vie, qui dépasse déjà 75 ans et que l'on doit lier à la qualité de sa médecine et à la politique de prévention.
Selon des experts nationaux cubains, l'Île se trouveparmi les nations dont la population est la plus âgée d'Amérique latine et dans une date proche, en 2025, un Cubain sur quatre aura plus de 60. Espérance de vie très élevée mais aussi transition démographique intervenue trés tôt avec un nombre réduit d'enfants par couple comme dans les pays développés expliquent cette situation. Le taux de mortalité infantile un des plus bas du monde qui s'explique aussi par la qualité des soins et une politique de prévention ne change pas réellement la donne de la transition démocraphique qui aboutit à un vieillissement de la population.
Celui-ci est dû entre autres aspects, au développement scientifique et technique atteint dans le domaine de la médecine et du système de santé, gratuit et à la portée de tous.C'est d'ailleurs un des paradoxe de Cuba qui si on considère le produit intérieur brut demeure un pays sous développé mais si on considère une autre échelle qui est celle de la qualité de la vie fait partie des pays développés et ce malgré l'étranglement du blocus.
On se dit que ce peut réaliser Cuba dans de telles conditions, nos gouvernements prétendent ne plus pouvoir l'assurer alors que notre niveau de richesse est incommensurable avec celui de ce petit pays asphyxié depuis tant d'années par son puissant voisin les Etats-Unis. Mais il faut également voir que Cuba ne se contente pas d'aligner des chiffres statistiques, ce pays s'intéresse toujours plus à donner un contenu humain à ses avancées. A ce que les droits collectifs comme le droit à la santé, à atteindre un âge avancé soit également l'occasion d'une reflexion sur la vieillesse. Et cette reflexion doit être partagée par l'ensemble de la population dans toutes ses instances collectives, on crée en particulier des liens entre les jeunes et les personnages âgées pour aider à développer l'activité des personnes du troisième âge.
Car s'il est important d' atteindre un âge avancé,il est plus nécessaire encore d'y parvenir avec une bonne qualité de vie, en se sentant indépendants et utiles, sans constituer de charge pour la famille et la société. Peut-être cette vision est-elle une des choses qui manque au combat sur les retraites qui est mené ici légitiment. Nous avons en France un certain nombre d'acquis en particulier en matière de santé et nous n'avons du mal à imaginer que l'on puisse nous les enlever et pourtant ce risque est de plus en plus élevé. Un des problèmes des mesures gouvernementales françaises est qu'en repoussant l'âge de la retraite alors même que le chômage est massif, ils savent bien que ce qu'ils obtiendront est une diminution des pensions et donc de la qualité de la vie qui dépend de plus en plus de ce dont dispose le senior en matière de revenus. En fait, cette question des retraites mériterait au contraire un vaste débat national sur ce qu'il faut faire pour que cette population qui a assuré la majeure partie de sa vie développement du pays et charge familiale reçoive son du en qualité de vie,c'est ce dont se préoccupent les Cubains.Et cette attention aux vieillards mériterait d'être complétée par l'analyse du traitement humain que reçoivent d'autres populations en état de fragilité comme les malades mentaux. C'est en considérant ces faits de société que l'on s'aperçoit de la véritable supériorité d'une société. La notre glisse de plus en plus vers l'inhumanité.
Nous avons eu certes l'alerte d'un été de canicule avec la mort d'un grand nombre de vieillard et les Cubains me disaient alors si c'était à Cuba qu'il se passait des choses comme ça ce serait une campagne de presse et peut-être même une invasion de nos voisins sous pretexte de sauver nos vieillards alors que nous devons arracher leur survie à leur blocus.
Les Cubains donc réflechissent à la qualité de la vie du troisième âge, et ils en sont arrivés à l'idée qu'il est indispensable que les vieillards entreprennent de nouveaux projets, se lient d'autres personnes, soient actifs, recommencent leur vie sentimentale et même un travail s'ils s'en estiment capables, Tout cela permet de rendre une vieillesse plus joyeuse.
Le gouvernement cubain, depuis le triomphe de la Révolution en 1959, a multiplié ses efforts pour réussir, d'un point de vue social, législatif et d'une aide médicale, à améliorer l'existence des plus grands adultes..
On a créé le Programme National du Troisième Âge qui a développé son travail à l'intérieur des communautés, avec l'objectif de maintenir, de prolonger et de récupérer la fonctionnalité physique, mentale et sociale des vieillards.
Peu à peu, de la même manière, différentes initiatives d'animation sociales étaient mises en oeuvre dans le pays, parmi celles-ci, les cercles de grands-parents, qui explorent l'univers de possibilités locales pour l'utilisation de leur temps libre.
L'autre espace constitue l'Université du troisième âge, qui favorise l'éducation continuelle et permanente des personnes très vieilles, crée des habitudes saines et promeut l'activité physique comme option pour se distraire.
Dans ses salles, le Club des Jeunes d'informatique, insérés dans le projet de l'université du troisième âge, familiarise les personnes âgées avec de nouvelles technologies et contribuent à élever leur culture.
Toutes ces activités empêchent les vieillards de se sentir seules, tristes ou moroses; elle leur apportent des connaissances, une existence plus agréable et la jouissance d'une vieillesse saine.
Cette attention qui est portée à la qualité de vie des vieillards est une des réussites de la société cubaine qu'il faut maintenir. la famille joue aussi un rôle décisif, puisque en son sein elle doit inculquer un respect, l'amour et la sensibilité envers ces personnes, qui jadis ont été le soutien du foyer et qui maintenant, réclament de l' attention.
pour qui connaît un peu la société cubaine on sait que cela n'est pas un vain mot. C'est une des choses qui personnellement m'a toujours le plus intéressé à Cuba l'existence de liens de solidarité forts. Il est difficile de mesurer ce qui est du au socialisme et ce qui est dû au fait que Cuba est une pays sous développé économiquement. Une amie cubaine à qui je faisais remarquer le caractère un peu envahissant des relations de voisinage me disait « Toi tu appartiens à une société riche, mais ici si on est pas solidaire la vie est impossible ». Et il est vrai que quand vous allez voir des amis et que vous portez des provisions huile, café, sucreries et autres, un rapide échange s'organise avec le voisinage. Pourtant dans la période spéciale, avec les difficultés de vie accrue, des poches d'isolement et de destructions des relations sociales ont commencé à se créer. On a envoyé les jeunes inspecter certains quartiers très pauvres et ils ont découvert horrifiés des vieillards isolés, comme d'ailleurs des adolescents n'allant plus à l'école et avec des carences alimentaires.
Mais ce qui est frappant à Cuba c'est effectivement qu'il existe des liens familiaux étroits, malgré les fréquents divorces, et les relations entre les femmes, mères, filles, soeurs et autres sont permanentes. Ce qui est frappant aussi c'est la manière dont la sexualité des vieillards, leurs histoires d'amour sont considérées favorablement favorablement, dans les clubs du troisième âge la danse est une activité trés appréciée et le flirt aussi.
Il existe toute une conception de la vie sur laquelle insiste la presse, et tous les médias qui veut que les vieillards doivent être assumés dans la société pour ce qu'ils sont, des êtres humains qui ont eu le bonheur, la satisfaction et l'opportunité d'avoir une longue vie.
On insiste sur le fait que la vieillesse doit être traitée comme une étape de la vie dans laquelle, bien que des changements arrivent et des pertes importantes sont subies, et malgré ce on peut continuer à se développer en tant qu'être humains. Arriver au troisième âge est un orgueil et non une infortune est le slogan à travers lequel est discuté cette question dans l'ensemble de la population..
Ainsi j'ai élaboré ce texte comme le produit de mon expérience personnelle de la société cubaine mais aussi à partir d'un article paru dans le journal de la jeunesse cubaine : Juventud rebel.
Fuente: juventudrebelde.cu
socio13.wordpress.com