par Laura Bécquer Paseiro
LE Chili est aujourd'hui un pays saigné à blanc. L'apparence de bien-être est trompeuse, comme en témoigne la montée en force des revendications sociales et des mouvements de protestations de larges franges de la population depuis l'année dernière.
La violation des droits des étudiants, le mépris envers les indiens Mapuches, et la répression brutale des manifestations en Patagonie, entre autres, nous rappellent l'époque de l'état de siège, où la violence était étouffée par la violence.
Par François Reman
Isolée, fatiguée mais surtout en colère, la population de la région d'Aysén a décidé de rompre son silence. Pêcheurs, artisans, étudiants et camionneurs bloquent routes, ponts et aéroports depuis maintenant deux semaines. L'objectif du Regroupés au sein du Mouvement social pour la région d'Aysén (MPRA) : porter leurs voix jusqu'aux portes du palais présidentiel de la Moneda à Santiago.
Chili : bilan 2011 et perspectives 2012 du mouvement étudiant
Le secrétaire général de la Fédération d'étudiants de l'université de Valparaiso, Sebastián Farfan Salinas, tire un bilan positif de la mobilisation étudiante et il affirme que de nouvelles actions à venir en 2012 permettront de se diriger vers une éducation publique, gratuite et de qualité, depuis la maternelle jusqu'à l'enseignement supérieur.
C'est sans doute ce mouvement qui a eu le plus d'impact social, politique et culturel. Il n'a pas obtenu grand-chose ; en fait presque rien. En effet, comme il ne pouvait satisfaire les revendications des étudiants et de leurs alliés sans mettre en danger le modèle néolibéral tout entier, le gouvernement de Miguel Juan Sebastián Piñera n'a « accordé » que des réformes cosmétiques compatibles avec le modèle de l' »éducation de marché ».

J'ai connu Tatiana par Ariel, lors d'une exposition de ses aquarelles, à Zavaleta Lab, San Telmo.
Au dîner était aussi présente Rosa Gutiérrez Silva, la mère de Tatiana Sandoval, qui vit maintenant en Bourgogne depuis une dizaine d'année. C'est en discutant avec elles, que j'ai pu apprendre qu'a eu lieu, le 28 décembre dernier, dans le lycée de Jeunes filles n°1 de Valparaiso, la présentation du livre de témoignages dirigé par Rosa Gutiérrez y Aminie Calderón Tapia, toutes deux anciennes élèves du lycée de Jeunes filles de Valparaiso.
C'est le sens de la modification des manuels scolaires que vient d'exiger le ministère de l'éducation chilien. M. Harald Beyer, titulaire du maroquin, a présenté la décision comme « technique », tout en précisant qu'il ne voyait aucune difficulté, de son côté, à décrire la « période Pinochet » comme une dictature.
Il n'en reste pas moins que la mesure a été critiquée par l'opposition, les mouvements de défense des droits de l'homme ainsi que certains secteurs de la droite représentée au gouvernement (notamment le parti du président Sebastián Piñera, Rénovation nationale [RN]).
La dictature est présentée comme un régime militaire. Un scandale politique a éclaté au Chili après que dans les manuels scolaires l'évaluation du gouvernement du général Augusto Pinochet eut changé. A présent, sous l'influence du gouvernement de centre droite du pays on enseigne aux élèves qu'entre 1973 et 1990 c'est un «régime militaire» qui existait au Chili.
Augusto Pinochet a été parmi les organisateurs du putsch du 11 septembre 1973 au Chili.

par Franck Gaudichaud
Le 22 septembre 2011, costume sombre, cravate violette, chemise bleu clair, le président Sebastián Piñera monte à la tribune de l'assemblée générale de l'ONU.Le chef du gouvernement chilien - et néanmoins entrepreneur multimillionnaire à succès -, affiche un beau sourire. En ces temps de crise mondiale du capitalisme, il revendique une économie florissante, à l'aune d'un taux de croissance de plus de 6 % du PIB (début 2011).
Camila Vallejo : Nous comprenons la lutte des indignés, mais au Chili nous avons dépassé le stade du mécontentement.
Chili. Après plus de 6 mois de mobilisation de la jeunesse et face au retour du « pinochetisme », la solidarité internationale doit s'unifier pour s'intensifier !
24 novembre par France Amérique latine
Un mouvement social pour l'éducation fait trembler depuis maintenant plus de 6 mois le modèle néolibéral chilien. Un héritage empoisonné, géré -et parfois même perfectionné- durant les vingt dernières années, suite à la transition démocratique.
Au mois d'août, plusieurs manifestations ont eu lieu et, par ce fait même, il y a eu une augmentation inquiétante de la répression envers les étudiant.es et ce, jusqu'à ce jour. La grève générale de 48 heures convoquée par la CUT (Central Unique des Travailleurs regroupant grande partie des syndicats), le 24 et 25 août fut appuyée par divers secteurs de la société dont les étudiant.es. La grève s'est soldé avec 1394 arrestations, une centaine de blessées et la mort d'un étudiant tué d'une balle tirée par un policier.
Camila Vallejo : Nous comprenons la lutte des indignés, mais au Chili nous avons dépassé le stade du mécontentement.
Déclaration de France Amérique Latine
Chili. Après plus de 6 mois de mobilisation de la jeunesse et face au retour du « pinochetisme », la solidarité internationale doit s'unifier pour s'intensifier !
Un mouvement social pour l'éducation fait trembler depuis maintenant plus de 6 mois le modèle néolibéral chilien. Un héritage empoisonné, géré -et parfois même perfectionné- durant les vingt dernières années, suite à la transition démocratique.
Camila Vallejo : Nous comprenons la lutte des indignés, mais au Chili nous avons dépassé le stade du mécontentement.
Le mythe du modèle chilien - fondé sur une croissance économique durable, une baisse de la pauvreté et des institutions stables - s'est brisé lorsque nous, étudiants, sommes descendus dans la rue pour exiger des réformes structurelles dans l'éducation. Si un constat rassemble tous ceux qui ont participé au mouvement, c'est le suivant : notre pays n'était pas préparé pour affronter l'une des mobilisations les plus importantes de notre histoire récente.
Camila Vallejo : Nous comprenons la lutte des indignés, mais au Chili nous avons dépassé le stade du mécontentement.

Camila Vallejo, Oleg Yasinsky
« L'espoir est grand parce qu'on voit que le Chili n'est pas le même qu'avant, et qu'à partir de la il y a un réveil mais aussi un changement, ou le début d'un changement, dans les structures mentales. »
Entrevue avec Camila Vallejo par Oleg Yasinsky.
Santiago du Chili. Un mouvement étudiant s'amplifie au Chili depuis Mai de cette année.
Colère étudiante

Camila Vallejo
La dirigeante de la FECH a déclaré que les revendications des étudiants n'ont pas émergés spontanément, mais obéissent à « un long processus basé sur une analyse approfondie de ce qui se passe au Chili, de l'injustice » et que désormais « il faut regarder au-delà et construire une alternative au pays ». Elle a également exprimé son désir de "projeter le mouvement politiquement, car pour la première fois, une demande sectorielle est devenue un mouvement social qui comprend de nombreux secteurs.
Violente répression des manifestations étudiantes : plus de 520 arrestations - El Correo

Alejandro LAVQUEN
Le président Sebastian Piñera a envoyé au parlement une loi qui cherche à pénaliser la protestation sociale, mettant l'accent pour sanctionner ce qu'ils appellent "désordres publics" et "prises illégales". Ils le firent dans le cadre des manifestations du mouvement étudiant et au début de la table de dialogue avec les dirigeants des étudiants, qui après la seconde rencontre-comme c'était attendu-se brisa en raison de l'intransigeance du ministre de l'Education.
La lutte des étudiants chiliens et l'héritage de 1973

Cette manifestation est la 37e depuis le début du mois d'avril quand les étudiants chiliens sont descendus dans la rue afin de réclamer "une éducation gratuite, libre et de qualité." Ce 6 octobre 2011, pour beaucoup d'entre eux, le spectre du dictateur était au dessus de leurs têtes...
Des journalistes ont été arrêtés puis relâchés, des étudiants aspergés d'eau et de gaz lacrymogènes et le bâtiment de la CONFECH (Confédération des étudians chiliens) fut visé par ces mêmes gaz lancés par la police.
Colère étudiante
Par Luis Arce et Rafael Azul
26 septembre 2011
Le 11 septembre, des travailleurs et des jeunes ont manifesté à Santiago au Chili pour marquer le 38e anniversaire du coup d'État soutenu par la CIA, qui a renversé le gouvernement de Salvador Allende et ouvert la voie à 17 années de dictature militaire brutale dirigée par le général Augusto Pinochet.
La grande marche à travers la capitale chilienne a été marquée par des affrontements répétés entre les manifestants et les carabiniers paramilitaires : 21 personnes ont été arrêtées et plusieurs blessées.
11 septembre 1973, coup d'état au Chili

par Mathieu Dejean
Le Chili connaît ses plus grandes manifestations populaires depuis la chute de la dictature Pinochet en 1990. Née dans une démocratie néolibérale où les inégalités se creusent, la jeunesse chilienne réclame une éducation publique, gratuite et de qualité. Au-delà du gouvernement, elle s'en prend à l'héritage de la dictature, et renoue symboliquement avec la séquence Allende.